29 janvier 2010

Césariennes:questions, effets, enjeux. Alerte face à l banalisation du Dr Michel Odent

Lors d'une mise en situation pendant la formation, je m'étais retrouvée dans la peau d'une doula face à une femme qui avait prévu une césarienne pour cause de convénience professionnelle. Pas de temps à perdre avec une grossesse normale...il fallait prévoir l'accouchement assez tôt pour pouvoir participer à un colloque important...
Comment dire mon désarroi...parce que je ne pensais pas qu'on puisse avoir ce genre d'approche de la grossesse et de l'accouchement...parce que je ne comprenais pas qu'on puisse choisir ce qui dans ma tête est forcément compliqué pour la mère après...Difficile de ne pas donner son avis, de rester dans l'écoute...

Bref, je me suis rendue compte que je ne connaissais rien sur les césariennes et que je ferais bien de me renseigner. Le nom De Michel Odent étant revenu plusieurs fois dans les conversations du week end, je me suis dit que ce serai un bon début...
Je pensais apprendre beaucoup sur la technique avec ce livre...trouver une justification à ma répulsion à la césarienne pour le bien etre de la femme...
J'ai peu trouvé sur la technique, mais beaucoup sur les risques pour le lien mère enfant...pas du tout ce que je pensais trouver...tant mieux...
Voici quelques petites choses que j'en ai retenu

La technique de la césarienne est sur technique sure, fiable, facile et même si certaines façons de les faire sont un peu lourdes en repercussion sur le vécu post accouchement de la maman, (pas le cas pour la césarienne extra péritonéale apparemment, mais ce sera un autre sujet), globalement, les césariennes peuvent être considérées comme bénefiques pour la survie d'un certains nombres d'enfants et de femmes. C'est une merveilleuse avancée dans la sécurité durant un accouchement.
Cependant, bon nombre de césariennes pourraient être évitées. Il y a celles programmées pour raisons personnelles des parents, du gynéco ou de la sage femme ou d'une tierce personne mais qui n'ont pas de raison médicales d'être. Il y a celles faites par effet de mode, par ce que c'est facile, parce que c'est possible, parce que cela donne un sentiment de controle, celles faites par habitude, par reflexes, suite à une césarienne lors d'un précedent accouchement. Il y a celles faites dans des cas d'accouchement compliqués, en cas d'urgences...
Il ya plein de raisons qui font que le nombre de naissances par césariennes augmente dans les pays développés..Pres de 50% au Brésil, plus de 20% en France...mais 10% dans certains pays scandinaves...

Si la technique semble bien maitrisée...qu'est ce qui fait qu'il faut tout de même réflechir avant de faire une césarienne qui n'est pas une césarienne d'urgence ou incontournable pour des raisons physiologiques?

Plusieurs éléments ne sont pas considérés dans le cas d'une césarienne et qui ont toutes un rapport avec l'enfant lui même.

Revoyons en résumé ce qui se passe pendant un accouchement: les poumons de l'enfants étant arrivés à maturité, ils produisent une hormone qui va induire la production d'ocytocine, qui va elle même provoquer les contractions.
Cette même ocytocine servira aussi dans le reflexe d'ejection du lait . Elle est aussi liée au sentiment d'amour quelqu'en soit la forme (amour propre, d'autrui, sexuel, fraternel, paternel, maternel...).
Les douleurs provoquées par les contractions de l'utérus entraine la production d'endorphines (opiacés) pour calmer cette douleur. Ces mêmes endorphines stimulent la production de prolactine et donc la lactation.

Une césarienne sans avoir eu de contractions avant ne permet pas la libération normale de l'ocytocine ni des endorphines ni de la prolactine.Le rapport affectif de l'enfant pour sa mère, voire de la mère pour l'enfant est différent et pourrait etre lié à la difficulté de certains enfants à aimer plus tard. L'allaitement s'en retrouve compliqué et demande plus de soutien pour aider la mère à mettre en place un allaitement efficace, en plus de parfois avoir été compliqué par la non possibilité (ou non autorisation) à mettre l'enfant au sein dans la première heure de vie.
En plus de cela, une césarienne programmée peut correspondre à un état non mature encore des poumons qui ouvre la porte à des problèmes repsiratoires.

Autre aspect du développement futur du bébé, le passage près de l'anus de la maman...surpenant...En étant en contact rapproché avec cette partie de l'anatomie de la mère, l'enfant se retrouve en contact avec bon nombre de bactéries maternelles "amies" qui vont pouvoir coloniser son systeme digestif et etre contrebalancées par les anticorps de la maman qui sont présentes entre autre dans le lait maternel. Quand on sait que dans un milieu stérile, les premières bactéries à le coliniser sont celles qui resteront majoritaires, on comprend l'importance de la colonisation par des bactéries "amies".
Un bébé par césarienne peut lui être contaminé par n'importe quelle bactérie (ou virus) qui traine dans la salle d'accouchement, sur le pesonnel médical...
Cette colonisation est liée à la qualité de la flore intestiale du bébé. Un petit né par césarienne a encore une flore intetsinale perturbée 6 mois après l'accouchement. Cette perturbation pourrait expliquer un certain nombre d'allergies alimentaires.

Autre facette à considerer, le monde des odeurs. On a trouvé des liens entre le développement olfactif et la libération d'ocytocine, hormone de l'amour ainsi que de noradrenaline qui est 20 à 30 fois supérieur à la normale dans les heures suivants la naissance. L'enfant a un odorat particulièrement développé à la naissance ce qui fait qu'il reconnait sa mère et peu trouver facilement le sein.
Une césarienne interfere à plusieurs niveaux dans cet aspect la: par le cote barrière physique entre la mère et l'enfant, ce dernier ne pouvant pas etre posé sur la mère, par la perturbation de la production d'ocytocine et donc de noradrenaline et donc de l'odorat de l'enfant, et même parfois par la multiplicté d'autres odeurs dans la salle d'accouchement (odeurs de chacune des personnes présentes, des médicaments, désinfectants, lessive utilisée pour laver le linge...) qui diluent celle de la maman.

Autres considérations à prendre en compte, les césariennes suite à une difficulté du travail. Dans certains cas, cette difficulté est due à une vraie barrière physiologique et ne demande aucune reflexion. La césarienne s'impose.
Par contre il arrive que la mauvaise progression du travail soit due à des phénomènes exterieurs à la physiologie de la mère.
L'homme est un mammifère et comme tout mammifère, il a gardé (de façon moindre par rapport à d'autres mammifères) un besoin d'intimité pendant l'accouchement. Les allées et venues du corps médical, de personnes inconnues des parents peut entrainer un blocage du processus de travail. Une surstimulation de la mère par des conseils, des questions en permanence peuvent aussi la couper du travail que son corps est en train de mettre en place et bloque le processus. Idéalement, une mère en trai d'accoucher devrait pouvoir avoir un maximum d'intimité pour prendre les positions qui la soulage et pourrait surprendre en d'autres occasions et qu'elle ne veut pas que l'on observe, pour pouvoir crier grogner geindre comme bon lui semble sans etre juger, sans qu'on commente des bruits.

Une autre cause de blocage du travail peut etre la position allongée sur le dos les pieds dans les etriers. Cette position qui est plus confortable pour le gynéco ou la sage femme a pour conséquence (par exemple si les étriers ne sont pas bien placés) de fermer le passage en basculant le coccyx vers l'interieur alors qu'il faut qu'il bascule vers l'arrière pour libérer le passage. D'où l'importance de laisser la mère libre de ses mouvements, elle sait, son corps sent naturellement quelle position prendre pour faciliter la descente et l'engagement de la tête de l'enfant.
A cette liberté de mouvement vient s'ajouter la liberté de boire et manger en début de travail. La faim est liée à une "forte" quantité d'adrénaline et tant que ce taux est élévé, le travail efficace ne se fait pas. Si une femme arrive en clinique en phase de prétravail et n'a pas la possibilité de manger, son taux d'adrénaline reste haut et le passage en phase de travail se fait mal ou pas . Seule la mère peut savoir si il faut qu'elle mange ou boive, elle est la seule a pouvoir sentir les besoins de son corps.

D'autres sujets sont abordés concernant notamment la capacité à accoucher par voie naturelle après être née par césarienne, liée à cette absence de cocktail d'hormones absents pour une césarienne; l'augmentation de la taille du cerveau puisque un cerveau plus gros avec une tête plus grosse n'est plus un facteur léthal...possible évolution de l'espèce vers une société ne sachant plus accoucher par voie naturelle?
Quelques façons de reconnaitre la nécessité d'une césarienne avant que ce ne soit un cas d'urgence, comment faciliter le travail afin d'éviter la césarienne....

En résumé, la césarienne est une technique bien maitrisée et qui a son interet dans certains cas particuliers. Elle a tendance à etre systematisée en oubliant de tenir compte des besoins et le ressenti des femmes, ne leur laissant pas le choix quand la césarienne n'est pas une question vitale. La césarienne, phénomène de mode? techniquement possible donc on le fait?...ne pas oublier que nous sommes des êtres complexes et que notre corps sait beaucoup de choses que nous ne savons pas formaliser, mettre sous forme de mots ni d'expliquer.
Réapprendre à faire confiance aux femmes qui sont les mieux placées pour savoir ce dont elles ont besoin si on les laisse tranquilles.


Commentaires sur Césariennes:questions, effets, enjeux. Alerte face à l banalisation du Dr Michel Odent

    ocytocynes

    quelle connerie de dire que la césarienne ne permet pas de délibérer la quantité nécessaire d'ocytocines et que ça jouerait sur l'attachement maternel et l'allaitement, mon dieu ne surtout pas croire ça ! une sage femme en colère

    Posté par ooks, 12 septembre 2010 à 19:08
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